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Banlieues : remettons sur pied l’ordre républicain !

 

Ce n’est pas en se contentant d’injecter des milliards d’euros dans les banlieues, à chaque fois que celles-ci s’embrasent, qu’on réglera les problèmes. A chaque émeute, à chaque provocation des casseurs et des délinquants, la République plie le genou et sort son chéquier. Or, cela relève du pansement thérapeutique mais ne ramène ni la sécurité dont les habitants ont tant besoin, ni ne vient à bout du chômage de masse dont sont victimes les quartiers populaires.

En cassant tout sur leur passage, les délinquants, protégés qu’ils sont par l’angélisme du système pénal, ne portent pas seulement atteinte aux biens d’autrui, mais défient toujours un peu plus l’autorité de la loi et l’ordre républicain.

C’est une réponse d’ensemble qu’il est nécessaire d’apporter à ce phénomène qui mine la jeunesse depuis tant d’années.

Il convient tout d’abord de revoir notre modèle éducatif. Les casseurs et les délinquants sont avant tout des décrocheurs qui désertent l’école et s’enfoncent dans la violence du quotidien. Il faut que l’école, dès la primaire, leur apprenne les fondamentaux et, dès le collège, leur offre toutes les possibilités de l’épanouissement personnelle, notamment en développant et valorisant les filières professionnelles des le plus jeune âge. C’est sans oublier le rôle crucial des parents car si l’école enseigne, ce sont les parents qui inculquent les valeurs sociales sans le respect desquelles il n’y a pas de vivre-ensemble. Il est donc impératif de responsabiliser les parents par un accompagnement approprié et des dispositifs innovants.

Aussi, il faut à la France une justice digne de ce nom. Avec un système pénal impuissant pour sanctionner, la justice est incapable de faire respecter l’autorité de la loi et participe au sentiment plus qu’avéré d’impunité. A qui la faute ? Non pas aux magistrats et aux personnels de justice qui font un travail respecté mais plutôt au manque de moyens cinglant dont ils disposent.

À cela s’ajoute une justice à géométrie variable due aux carences de clarté et de fermeté de notre arsenal législatif. Il faut d’une part recruter plus de magistrats et accorder à la justice les moyens nécessaires à son action (le TGI de Bobigny n’a même pas de quoi se procurer du papier).
Il va sans dire que le nombre limité des places de prison ne fait qu’accroitre les mesures d’aménagements de peine et qu’il convient de lancer un véritable plan de construction de places de prison, pour la réalité de la sanction et pour la dignité des détenus.

C’est seulement à ce prix que l’on peut remettre sur pied l’ordre républicain. Investir des milliards sans un système éducatif efficient et une chaîne pénale cohérente relève trout simplement de la gabegie.

Il faut ajouter que la politique de ville ne doit pas être exclusivement tournée vers les villes et les quartiers.
La France rurale, c’est-à-dire la majorité du territoire nationale, est sans cesse reléguée au second plan : dernière à être dotée en haut débit, dernière à bénéficier des rares programmes de lutte contre le chômage et dernière sur la liste des projets de développement des réseaux de transports routiers et ferroviaires.
Une politique de la ville ne peut exclure des millions de nos compatriotes, alors que ces derniers ont autant droit que les habitants des grandes villes aux pans de développement. Peut-être est-ce parce qu’ils ne manifestent pas, ne cassent pas et ne bafouent pas les lois…

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