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Bientôt les législatives: pour une République enfin exemplaire !

 

Alexis de Tocqueville observe dans « De la Démocratie en Amérique » qu’un régime démocratique gouverné par des élus sans légitimité et probité est aussi détestable qu’une monarchie absolue.

 

Jamais le contexte économique n’aura été aussi tendu, appelant de la part de l’Etat à une réduction de ses dépenses et de la part des Français à des sacrifices supplémentaires. Il faut, leur dit-on, « se serrer la ceinture ». Or, comment redresser un pays dont les futures générations sont condamnées à vivre à crédit ? Pour autant, en exigeant un effort supplémentaire des Français, sans s’y soumettre eux-mêmes, les responsables politiques commettent une faute morale.

 

534 et 183, c’est en millions d’euros ce que l’Etat verse chaque année respectivement à l’Assemblée nationale et au Sénat pour la rémunération de leurs membres et le fonctionnement des assemblées. Sans compter le fonctionnement et la gestion du régime spécial de retraite des parlementaires. Il est ainsi vital que nous réorganisions notre fonctionnement parlementaire, en créant notamment un véritable statut de l’élu. Ce statut devra s’articuler autour de trois axes principaux : réduction du nombre de parlementaires, encadrement du cumul des mandats dans le temps, suppression du régime spécial des retraites des parlementaires.

 

Réduire le nombre de députés à 400 et de sénateurs à 150, c’est le préalable à toute réforme. Quand un pays de plus de 320 millions d’habitants, les Etats-Unis, peut être efficacement gouverné par 480 représentants et 80 sénateurs, un pays de moins de 70 millions d’habitants, la France, peut s’en passer de 577 députés et de 348 sénateurs. Ainsi, d’une part, nous accroitrions l’audibilité des élus et leur légitimité, tout en faisant des économies dans le fonctionnement des assemblées parlementaires.

 

Encadrer le cumul des mandats dans le temps ensuite. Une République dont les assemblées ne se renouvellent réellement que tous les 20 ans – et encore, ce n’est pas une démocratie mais une aristocratie. Il faut une véritable incitation au renouvellement politique, qui ne peut se faire sans changement des pratiques et donc des visages. Ainsi, un parlementaire ne doit pouvoir qu’effectuer plus de trois mandats consécutifs (c’est-à-dire 15 ans). Il ne doit pas pouvoir se représenter une quatrième fois d’affilée.

 

Supprimer le régime spécial des retraites des parlementaires enfin. Un élu, c’est un citoyen comme les autres, ni plus ni moins. Et pourtant, lorsqu’un citoyen cotise 1€, il touchera 1,5€ au titre de la pension de retraite s’il est salarié, 2€ s’il est fonctionnaire. Tandis que le parlementaire cotisant 1€ touchera 6,1€ au titre de sa pension de retraite. C’est pourquoi, la prochaine réforme des retraites devrait comporter la suppression de tous les régimes spéciaux de retraites, y compris celui des parlementaires. A ce titre, il doit être traité comme tout citoyen lambda et être affilié au régime de retraite de droit commun. C’est un préalable indispensable pour que les Français reprennent confiance en ceux qui les gouvernent et représentent.

 

Il faudra par ailleurs que les anciens présidents de la République et certains anciens ministres cessent de bénéficier indéfiniment des avantages faramineux qui sont les leurs (bureaux, véhicule, chauffeur, garde…). La sécurité et le confort de notre personnel politique doit avoir des limites raisonnables. Faire de la France le plus exemplaire des pays, voilà l’ambition vers laquelle nous devons nous tourner.